Avant Propos:

CORRÈZE, Ô MON PAYS !

A M. Pierre de Nolhac.

Le premier chant d’amour qui sortit de mes lèvres
Fut chanté sous l’azur, mon pays, de ton ciel ;
Pour témoins, il avait tes arbres solennels,
Silencieux amis qui partageaient mes fièvres !

Les projets exaltés, rayonnants d’allégresse,
Qui s’envolaient, joyeux, de mon cœur de quinze ans,
Prirent, ô mon pays, pour discrets confidents,
Tes oiseaux et tes fleurs, miroirs de ma tendresse.

C’est en vain, mon pays, que mon cœur s’interroge ;
Il n’est nul souvenir où tu ne sois mêlé,
Nul soupir, nul sanglot par mon cœur exhalé,
Que n’ait discrètement scandé ta vieille horloge.

Mes rêves sont des fleurs cueillies en tes prairies,
Dans tes champs, tes jardins, les sentiers de tes bois.
Je vous rends aujourd’hui moins que je ne vous dois,
Féconds inspirateurs de toutes mes féeries !…

J’ai vu s’épanouir tes lilas et tes roses,
J’ai frémi, chaque année, aux souffles des printemps,
J’ai clamé dans ton sein l’ardeur de mes vingt ans,
J’ai vu de tes étés les lourds apothéoses,

J’ai subi, tout pensif, l’âpre mélancolie
De tes automnes d’or aux délicats couchants,
Dans le triste déclin des arbres jaunissants,
J’ai lu la vanité des terrestres folies,

J’ai frissonné, parfois, au souffle de ta bise.
Dans le recueillement glacé de tes hivers,
Mon cœur triste et muet a souvent découvert
Le néant des amours dont notre cœur se grise.

Non, ne me dites pas que ce sont là chimères,
Que les arbres, partout, ont la même couleur,
Que le parfum des fleurs est aussi pur ailleurs ;
Les fils aiment-ils donc quelqu’un plus que leur mère !

Nulle part les oiseaux n’ont gazouillis si tendre
Qu’en les bocages verts de mon petit pays !
Nulle part un printemps si charmant ne sourit !
Nulle part le ruisseau n’est si doux à entendre !…

D’ailleurs, aux souvenirs se mêlent des visages ;
Ils complètent pour moi l’amour de mon pays !
Le pays, c’est pour moi le cœur de mes amis,
Autant qu’un lumineux et tendre paysage !…

Et je t’ai dédié mes fièvres insensées,
Mes amours, mes frissons, mes espoirs, mes sanglots.
Recueille, ô mon pays, ce tumultueux flot
Qui jaillit de mon cœur plus que de ma pensée.

Ton charme et ton émoi rendaient ma voix plus pure,
Je me suis attendri dans le bleu de tes soirs,
C’est toi qui m’insufflais la tendresse et l’espoir.
Du rythme de mon cœur tu battis la mesure !

Les chansons de mon cœur, au fond, ce sont les tiennes,
Et je n’en suis vraiment que l’ardent traducteur ;
Le frisson qui m’anime en est le seul auteur.
Prends ce pauvre bouquet dont les fleurs t’appartiennent.

Corrèze, ô mon pays, je t’offre ces poèmes,
Projets, rêves, espoirs, qu’un jour tu me soufflas !
Rythme ardent de mon cœur, qui te pare d’éclat,
Comme le fol amant embellit ce qu’il aime !…

Henri Martin, in Corrèze, ô mon pays et autres poèmes, Ed. Librairie Lachaise, Brive, 1934.


 

Historique et situation de la ville (source wikipedia) :

Corrèze (Corresa en occitan) est une commune française située dans le département de la Corrèze en région Nouvelle-Aquitaine.

Ses habitants sont appelés les Corrèzois.

La première mention de Corrèze date du ixe siècle, lorsqu'elle n'est encore qu'une implantation ecclésiale en surplomb de la rivière. Son origine est toutefois sans doute plus ancienne, puisque la ville se situe au croisement d'anciennes voies romaines et que des traces de la période gallo-romaine ont été retrouvées.

Devenue l'une des étapes du pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, la ville se construit autour de l'église. En 1293, Eble VII, vicomte de Ventadour, crée la châtellenie de Boussac et Corrèze. En 1350, pendant la guerre de Cent Ans, la ville est assiégée puis incendiée par les Anglais. Reconstruite, elle se constitue en ville-forte au cours du xve siècle. Par la suite, la ville n'est pas épargnée par les guerres de religions et en 1595, les ligueurs s'emparent des cloches de l'église pour fondre des canons. Mais c'est au cours des xvieet xviie siècles qu'elle atteint son apogée, après qu'elle a accédé au statut de ville franche. Disposant de privilèges, droit de consuls, confréries, corporations de tisserands, elle est alors un des plus gros bourgs du bas pays limousin et ses foires attirent de nombreux voyageurs. Vers la fin du xviie siècle, quelque 200 familles vivent à Corrèze (soit environ 1 400 personnes), 40 dans les murs, pour l'essentiel des notables et leurs domestiques, 40 dans les faubourgs, principalement des artisans, et 120 dans la campagne alentour, laboureurs et journaliers2.

La Révolution n'apporte pas de bouleversement, bien que l'église soit transformée en salpêtrière et la chapelle des Pénitents en salle de réunion, et, jusqu'à la fin du xixe siècle, la ville continue à se développer. En revanche, la Première Guerre mondiale prélève un très lourd tribut : 103 noms figurent sur le monument aux morts. Depuis, la commune, confrontée à l'exode rural, n'a jamais retrouvé sa population d'alors.

Ville médiévale, étape sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, Corrèze conserve de nombreux vestiges de son passé.

  • La porte Margot, en souvenir de la Reine Margot, dernière trace de l'ancien chemin de ronde qui défendait l'entrée de la ville, ouvre sur la place de l'église. Elle date du xve siècle et porte une statue de saint Martial dans une niche au-dessus de l'entrée. Elle a été inscrite aux Monuments historiques en 19277.
  • L'église Saint-Martial, dont les origines remontent à l'époque carolingienne. Plusieurs fois reconstruite et étendue, elle porte des marques de style roman des xiie et xiiie siècles sous les adjonctions plus tardives de style gothique, au xvie siècle. Elle renferme en particulier un retable baroque du xviie siècle réalisé par Jean Tournié de Gourdon.
  • La chapelle des Pénitents Blancs,  a été édifiée entre 1730 et 1781. Située à côté du cimetière, elle est dédiée à saint Jean Baptiste et renferme une chaire en bois sculpté du xviiie siècle .
  • La chapelle Notre-Dame du Pont du Salut, située en bordure de la Corrèze à côté d'un pont de pierre à deux arches du xviiie siècle, dont les origines remontent au xve siècle. Elle abrite une statue de la Vierge en pierre polychrome rapportée d'Espagne par un maçon du village qui est à l'origine de sa construction. Lieu important de pèlerinage, elle a été reconstruite au cours des xviiie et xixe siècles. Elle accueille encore des pèlerins, du 5 au 8 septembre, pour la fête de la nativité de la Vierge.
  • Plusieurs hôtels de la Renaissance, groupés autour de l'église, tels que les hôtels Florentin (xviie siècle) et Terriou (1667).

 

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